iNTERVIEW JACQUES GILLOT 22/09/07

INTERVIEW
Jacques Gillot, président du conseil général
« C’est un pays que nous avons à construire et nous n’allons pas jeter les déchets à la mer »
. « Chacun doit accepter de jouer la carte de la solidarité. »
. « Peut-être que la Gabarre pourrait accepter de  soulager  Baillif en acceptant une partie des déchets à traiter, dès que l’on garantit au Sictom que ce n’est pas la totalité des déchets et que ce sera uniquement pour une durée transitoire. »
. Jacques Gillot fait en notre compagnie le point sur le délicat problème du traitement des déchets.


Un an après la décision du préfet de donner un sursis à la fermeture de la décharge de Baillif en attendant que les élus se bougent et mettent en place des structures, celle-ci ferme. Depuis les Guadeloupéens se demandent ce qu'on fait les élus. Que répondez-vous ?
Il faut avant tout rappeler quelles sont les responsabilités de chacun dans ce dossier avant de dire que  les élus n’ont rien fait . Je vous rappelle que les communes et leurs groupements, et là je veux parler des syndicats intercommunaux, comme le Sictom de Pointe-à-Pitre et le Symctom de Basse-terre, sont chargées de la collecte et du traitement des ordures ménagères. Les services de l’Etat délivrent les autorisations aux structures de traitement qui, par définition, sont des «installations classées . La Région intervient, de façon volontariste, pour soutenir les projets d’investissements des communes et de leurs groupements. Le conseil général, pour sa part, j'y viens, est compétent depuis janvier 2005 pour la révision du Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés. C'est le cadre global, qui fixe les différents procédés, sites et secteurs géographiques prévus pour le traitement des déchets. La collecte et le traitement des déchets ne sont donc pas, comme on le dit trop souvent, de la compétence du conseil général. Pourtant, en ma qualité de président de cette collectivité, je me sens responsable. C’est pourquoi j’ai décidé de m’impliquer dans ce dossier qui fait partie des enjeux majeurs de ce pays.

Où en est-on de ce plan ?
Dès 2005, nous avons entamé la révision du Pdedma, qui est une procédure longue incluant des délais incompressibles de 18 à 24 mois. Nous avons demandé à l’Etat la possibilité de mettre en place une révision TGV  pour faire notamment face à l’enjeu de Baillif. Il s'agit de la construction de l’usine de tri compostage qui était initialement prévue sur ce site par la Région et qui avait été interdite pour non-conformité au Pdedma de 1997. Mais, malheureusement, nous n’avons pas obtenu gain de cause. Nous avons donc conduit cette révision du Pdedma en prenant soin d’éviter les erreurs du passé et en garantissant que tous les modes de traitement possibles soient éligibles.

Vous avez visité la décharge de Baillif.
Oui, dès le milieu de l'année 2006, je me suis rendu sur le site de la décharge pour constater par moi-même le problème. Ma méthode est toujours la même, en particulier lorsqu’il s’agit des grands enjeux du pays : se concerter, décider et agir.

Et ensuite ?
J'y viens. Lorsque le préfet de l’époque et le porteur du projet m’ont présenté la possibilité de créer un centre de stockage des déchets ultimes, ce qu'on appelle de manière lapidaire un CSDU, à Sainte-Rose, j’ai organisé, dès le 26 septembre 2006, une réunion élargie de la commission mixte environnement/ foncier du conseil général en y associant la Région, Richard Yacou, maire de Sainte-Rose, Daniel Géniès, président du Sictom de Pointe-à-Pitre/Les Abymes et Simon Barlagne, président du Symctom de Basse-Terre.

Qu'avez-vous décidé ?
Avant tout, nous nous sommes réunis entre élus décideurs et nous avons ensuite auditionné les deux porteurs de projets de création d’un CSDU. Il s'agit du groupe Sita Wider Sa et de la société Véolia Propreté, tous deux ayant des compétences et de l’expérience dans ce secteur.
Après leur audition, nous avons unanimement, je dis bien unanimement, convenu que ces deux projets étaient intéressants pour la Guadeloupe. Pourquoi ? Parce qu’ils permettraient de pallier les difficultés de la décharge de Baillif et éventuellement la saturation de Grand Camp. Je pense qu'il faut créer au moins deux ou trois CSDU en Guadeloupe et nous sommes prêts, au Département, à mettre à disposition le foncier nécessaire. Parce que c’est dans l’intérêt du pays.
En outre, je rappelle que le conseil général s’est engagé à concurrence de 3 millions d'euros dans l’accompagnement du projet de restructuration et d’implantation d’une usine d’incinération de la décharge de la Gabarre.

Je répète : à qui la faute si rien ne donne le sentiment que ça bouge ? Aux maires qui ne remuent pas même une oreille en attendant les municipales, avant de ne plus bouger en attendant les sénatoriales, etc. ?
Le rôle de l’élu responsable est de répondre aux attentes de notre population en gardant toujours une vision globale des problèmes du pays.
Je ne suis pas là pour dire que  c’est la faute d’untel  car je n’ai pas pour habitude de verser dans la polémique ni de revenir sur mes engagements.
Mon rôle c’est d’essayer de proposer des solutions pour faire avancer les dossiers
Ceci dit, je m’étonne du revirement de certains responsables politiques, et en particulier du maire de Sainte-Rose, qui avait donné son accord personnel pour l’implantation d’un CSDU à Sainte-Rose lors de la réunion du 26 septembre 2006.
Ce qui est grave c’est la politisation à outrance de certains dossiers et les polémiques stériles qui naissent à cette occasion. La question des déchets, à 6 mois des élections municipales et cantonales est devenue un enjeu électoral et c’est malheureux que certains refusent de prendre leurs responsabilités et versent dans la démagogie. Il faut avoir le courage d’expliquer à la population les décisions que nous devons prendre dans l’intérêt général, une fois que la population est rassurée, elle comprend. C’est le courage politique qui fera que les guadeloupéens reprendront confiance dans leurs élus.

Baillif fermée, restait la solution transitoire, transitoire seulement, de tout apporter à la Gabarre. Le président du Sictom l'a dit : « Pas une ordure de la Basse-Terre n'entrera à la Gabarre. » Alors, que doivent faire les Guadeloupéens dont les poubelles ne sont plus ramassées ? Encombrer les ravines ?
Je crois que dans ce dossier chacun doit accepter de jouer la carte de la solidarité à condition d’obtenir les garanties nécessaires.
La solution pour Baillif n’est pas une question de personnes. Tout le monde sait que la décharge de Baillif doit être réhabilitée . Mais on ne va pas pour autant faire sortir de terre une nouvelle décharge en 24 heures  !
Tout d’abord il faut des solutions alternatives  qui peuvent être mises en place dans les trois mois. Il s'agir du pré-traitement des déchets par le procédé mécano-biologique porté par le Symctom. J'’ai déjà écrit au président Barlagne pour lui confirmer que le conseil général mettait le foncier à disposition dès lors qu’il répondait aux prescriptions requises en termes de protection de l’environnement. Ensuite, il faut implanter deux ou trois CSDU, et en premier lieu celui de Sainte-Rose qui est le projet le plus abouti actuellement.

Et en attendant ?
Dans ce laps de temps, peut-être que la Gabarre pourrait accepter de  soulager  Baillif en acceptant une partie des déchets à traiter, dès que l’on garantit au Sictom que ce n’est pas la totalité des déchets et que ce sera uniquement pour une durée transitoire.
Dans le même temps, il faut poursuivre les travaux qui permettront la finalisation de la réhabilitation de la Gabarre et l’implantation de l’incinérateur sur ce site. Un projet que le département co-finance avec la Région au titre du prochain Programme opérationnel intégré.
Si la population de Baillif obtient ces garanties avec une feuille de route claire, je pense qu’elle va accepter que l’on ré-ouvre temporairement la décharge, avant de la fermer définitivement dans 3 ou 4 mois. Mais il est impensable de croire que l’on va dire aux gens de continuer de garder leurs déchets chez eux, avec les risques sanitaires que cela inclut, dans les écoles, dans les hôpitaux, et pour l’image de notre département.
Chacun doit faire preuve de responsabilité et de solidarité.

Vous proposez du foncier. A qui ? Où ? Pour quoi faire ? Quand ? Est-ce une solution immédiate ? Ou un nouveau bluff pour gagner du temps ?
Je trouve insultant que vous pensiez que je cherche à gagner du temps alors qu’il est question de la santé de nos compatriotes et d’un enjeu majeur pour le pays.

Mais encore...
La proposition du département est claire : nous disposons d’un patrimoine foncier dans toute la Guadeloupe et dans la région du sud Basse-terre. J’ai proposé au président du Symctom de se rapprocher des services du conseil général pour rechercher dans notre cartographie un foncier qui corresponde au projet de pré-traitement mécano-biologique qu’il veut mettre en œuvre. Si ce foncier répond aux normes requises, comme la protection de l’environnement et notamment de la nappe phréatique, je le mets à disposition du Symctom. C’est une solution immédiate et je suis même prêt à accompagner financièrement ce projet.

Vous avez proposé un CSDU à Sainte-Rose. Toujours pas mis en place parce que vous avez d'un côté un maire fluctuant au gré des vents et un comité de riverains qui vous accuse de vouloir empoisonner les petits enfants du quartier. Où en est-on de la mise en place effective du CSDU ? Quand ouvre-t-il ?
Je rappelle que ce projet de création d’un CSDU à Sainte-Rose est un projet accompagné par le conseil général.
Une étude réalisée en août 2006 par l’Agence Antea a confirmé que cette parcelle, située hors de l’emprise de tout espace naturel protégé, présente des caractéristiques physiques très favorables à l’aménagement d’un centre de stockage de déchets.
Par ailleurs ce même site de l’Espérance avait aussi été sélectionné par l’Ademe dans le cadre d’une recherche de site de stockage de déchets ultimes et stabilisés. Une étude en 1999, il y a 8 ans, déjà par le bureau d’étude Caraïbes Environnement.
L’idée de l’implantation d’un CSDU sur ce site est donc fondée.

Vous réfutez pleinement ce qu'on entend et lit, à savoir qu'il s'agit d'une structure d'accueil de tous les déchets de Guadeloupe.
Bien sûr ! On a fait croire à la population que ce CSDU allait accueillir tous les déchets de la Guadeloupe, voire de la Caraïbe et moi je dis et répète que c’est faux et archi-faux. Je répète qu’il faut plusieurs CSDU en Guadeloupe et que nous mettrons à disposition le foncier nécessaire à leur implantation.
De même, on a fait croire aux agriculteurs qu’ils allaient être spoliés, alors que le projet intègre une zone-tampon incompressible dévolue à l’agriculture.

Quand les travaux vont-ils démarrer ?
Dès lors que la municipalité aura procédé à la révision du plan local d’urbanisme pour intégrer ce projet, avec les autorisations requises, les travaux pourront démarrer.

Pourquoi boude-t-on ostensiblement les structures que sont Ecodec et l'usine de retraitement des ferrailles de la Jaula ? Ne pouvez-vous pas faire pression que ceux qui sont de votre obédience pour qu'ils se bougent ?
Le conseil général n’est pas là pour faire pression sur qui que ce soit. La libre administration des collectivités publiques est un principe fondamental de la République. Il n’y a pas de tutelle du conseil général ou de Jacques Gillot sur les communes et leurs chefs d’édilité. Nous encourageons simplement les communes à mettre en place des mesures comme le tri sélectif et nous les accompagnons financièrement au travers du Fonds d’aide aux communes et de crédits spécifiques qui soutiennent les projets de préservation de l’environnement ou de traitement des déchets.
Plus largement, je pense qu’il y a une prise de conscience des maires et de la population, mais parfois les mentalités prennent trop de temps à évoluer.

Au gré des dernières semaines, on a le sentiment que le dossier vous échappe pour être repris par Victorin Lurel. Impression seulement ?
Une fois pour toutes, je veux redire qu’il n’y a pas de compétition entre Gillot et Lurel, entre la Région et le Département  ! C’est à croire que la synergie que nous avons mise en place depuis 2004 dans l’intérêt de la Guadeloupe n’est pas du goût de tout le monde  !
Avec le président Lurel, nous travaillons en étroite concertation sur tous les grands dossiers du pays. Nous sommes sur la même longueur d’ondes sur la question des déchets et c’est d’ailleurs pourquoi nous avons ensemble lancé l’idée de créer, à moyen terme, une structure unique de collecte et de traitement des déchets qui rassemble les compétences de toutes les communes. Cette structure fonctionnerait à partir des deux syndicats existants, qu’il n’est pas question de dessaisir du dossier, mais elle aurait l’avantage de favoriser une prise en compte globale, à l’échelon de la Guadeloupe, de la question des déchets. La Région et le Département seraient prêts à participer au financement des investissements nécessaires.

Le préfet Brot a clairement dit que cette histoire n'était pas son affaire. Qu'en pensez-vous ?
La question des déchets est l’affaire de tous. C’est tout d’abord l’affaire de tous les citoyens : personne ne veut stocker les déchets dans sa commune, pourtant nous produisons tous chaque année des déchets par centaines de milliers de tonnes. Les élus doivent assumer leurs responsabilités dans le cadre de leurs compétences respectives et être cohérents avec eux-mêmes. L’Etat a également sa part de responsabilité en tant que garant de l’ordre public, particulièrement en cas de menace sanitaire.
Je souhaite que nous ne cédions pas à l’individualisme, car c’est un pays que nous avons à construire et nous n’allons pas jeter les déchets à la mer.
Propos recueillis par André-Jean VIDAL

Exergue 1
« Le conseil général s’est engagé à concurrence de 3 millions d'euros dans l’accompagnement du projet de restructuration et d’implantation d’une usine d’incinération à la décharge de la Gabarre. »

Exergue 2
« Je m’étonne du revirement de certains responsables politiques, et en particulier du maire de Sainte-Rose, qui avait donné son accord personnel pour l’implantation d’un CSDU à Sainte-Rose. »

Exergue 3
π« Personne ne veut stocker les déchets dans sa commune, pourtant nous produisons tous chaque année des déchets par centaines de milliers de tonnes. »

Exergue 4
« L’Etat a également sa part de responsabilité en tant que garant de l’ordre public, particulièrement en cas de menace sanitaire. »

iNDISCRETIONS 22/09/07

INDISCRETIONS
Henri
Malgré la chikaya à propos du ramassage des ordures qui l'oppose à Daniel Géniès, président du Sictom, le maire de Pointe-à-Pitre n'a pas mis cette question à l'ordre du jour du conseil municipal. « L'opinion, qui nous interpelle fréquemment à ce sujet, n'a retenu qu'une polémique vous opposant à un de vos collègues, élu à vos côtés depuis plusieurs décennies », fait malicieusement remarquer un autre conseiller d'opposition, Louis Dessout. Avant de demander que l'ordre du jour du prochain conseil comprenne la question de la collecte des déchets ménagers.

Eric
Eric Jalton, député de la première circonscription, avait demandé, entre autres, à Christian Estrosi de faire en sorte que, dans le cadre de la loi programme pour l'Outre-mer 2, il y ait l'augmentation du pouvoir d'achat des smicards en les exonérant des charges sociales salariales sur dix ans. Pas bête comme proposition ! Qu'est-ce qu'il en pense M. Estrosi ? Son passage à Marie-Galante, sur les terres électives de M. Jalton, pourrait être l'occasion de lui poser la question en direct.

Jeanny
Dotée d'une responsable de la communication active (voir nos précédentes éditions) et d'un attaché parlementaire qui ne l'est pas moins, Jeanny Marc, député de la troisième circonscription, dépose amendement derrière amendement pour inaugurer le début de son mandat de parlementaire. Douze amendements dans le cadre de la loi sur la maîtrise de l'immigration ! Qui dit mieux ? Allez Jeanny !

Jeanny 2
Toujours Jeanny Marc, qui argumente, devant la représentation nationale, ses prises de position au moment de la discussion du projet de loi sur la maîtrise de l'immigration : « Aider les pays les plus pauvres de la Caraïbe à se développer dans un échange gagnant-gagnant, partager avec eux l'expérience et les savoir-faire, sont les principaux objectifs qui s'inscrivent dans la démarche que j'ai proposée. » Jeanny, bonne maman !
Allez, à lundi !
André-Jean VIDAL

iNDISCRETIONS 21/09/07

INDISCRETIONS
Christian
Jouera, jouera pas ? La question se pose après que Christian Estrosi, secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer, en visite vendredi, samedi et dimanche, ait émis le souhait de jouer au foot, au Creps, dimanche matin. il a fait inviter des élus, des journalistes, des fonctionnaires de la préfecture, et des joueurs semi-professionnels. Une belle partie en perspective. Et puis, sans doute fatiguée par ses allers-retours incessants outre-mer, l'excellence aurait fait un pas en arrière, préférant arbitrer, ou faire un peu d'échauffement. Et le match alors ?

Richard
Chaud le temps pour Richard Yacou, maire de Sainte-Rose ! Le décharge de l'Espérance, les atermoiements sur le Centre de stockage des déchets ultimes (comment contenter à la fois Jacques Gillot et les riverains?). Bref, une fin de mandature pas de tout repos et qui laisse augurer des lendemains qui risquent de déchanter !

François
Paix à son âme. François Louisy a été conduit, hier après-midi, à sa dernière demeure. Jacques Gillot était là, flanqué de quelques élus. Victorin Lurel était absent, lui qui a été secrétaire général de la mairie de Goyave. Retenu à Paris, il s'était fendu, dès l'annonce du décès de l'ancien sénateur et ancien maire de Goyave, d'un hommage appuyé.

Alex
Alex Lollia, hier, commentant les projets du gouvernement quant au devenir de la fonction publique : « La CTU estime qu'il y a urgence a réagir massivement, tout de suite, par la mobilisation des fonctionnaires et des usagers, par la grève. » Bon, on a compris que les jours prochains risquent d'être chauds !

Gugusse
Certains élus, notamment des maires aux abois, ont commencé sur des télés locales à cracher à tout-va sur la presse locale ou ses représentants. Miroir, SVP, si vous cherchez la faute à qui dans vos gestions à la petite semaine, notamment des caisses des écoles et des cantines scolaires. Reprenez vos esprits parce qu'à ce rythme, vous n'allez pas tenir longtemps et mars est encore loin !
André-Jean VIDAL

iNDISCRETIONS 20/09/07

INDISCRETIONS
Jacques
Jacques Gillot, sénateur, a écrit à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, du Développement, de l'Aménagement durable, demandant que se tienne en Guadeloupe un atelier du Grenelle de l'environnement consacré à la pollution des sols antillais. Bien. Mais, jusqu'à présent, à part Christian Estrosi, Michelle Alliot-Marie, Roseline Bachelot, qui se sont exprimés, a-t-on entendu ou lu quelque déclaration que ce soit de M. Borloo à ce sujet depuis le début de cette affaire ?

Jeanny
Jeanny Marc, député de la troisième circonscription, aurait tenté de tirer la couverture à elle dans l'affaire Belpomme/Chlordécone. Sa chargée de communication, Andrée Corosine, ancienne de l'équipe Michaux-Chevry, a organisé la conférence du Pr Belpomme et plaçait les journalistes dans la salle à l'Assemblée nationale (voir notre précédente édition).

Jeanny 2
En organisant une conférence de presse à Paris, mettant l'accent sur le danger potentiel du chlordécone dont, à en croire le Pr Belpomme, non seulement les légumes mais encore le banc de poulet, les écrevisses, les poissons de la Basse-Terre, mais aussi les eaux de Guadeloupe sont gorgés, Jeanny Marc a sûrement plombé la prochaine saison touristique car qui viendrait dans un pays aussi pourri. Curieux pour quelqu'un qui était première vice-présidente du Comité du tourisme ! A moins de vouloir tuer politiquement Josette Borel-Lincertin...

Josette
Comme dit dans notre précédente édition, Josette Borel-Lincertin, présidente du Comité du tourisme des îles de la Guadeloupe (CTIG) a eu à répondre à quelques questions pas sympas après la tenue de cette conférence de presse.
« S'il n'y avait pas de touristes nous disait hier Mme Borel-Lincertin, comment vivraient tous les petits métiers qui gravitent autour du tourisme ? C'est irresponsable de se faire ainsi l'écho de ce rapport Belpomme sans aucune mesure !.. »

Christian
« Nous avons un budget de rigueur... Oh, pardon, je voulais dire dynamique ! » Recevant la presse à dîner, Christian Estrosi, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer a fait un lapsus qu'on ne souhaite pas révélateur.

Christian 2
En Martinique, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer fera de la yole ronde, en Guadeloupe il jouera au football, dimanche matin, avec des élus (de tous bords), des fonctionnaires de la préfecture, des journalistes et des joueurs qui ont participé à la Gold Cup. Ça, c'est l'immersion totale dans les réalités du pays !
André-Jean VIDAL

iNDISCRETIONS 19/09/07

INDISCRETIONS
Josette
Chère Josette Borel-Lincertin, présidente du Comité du tourisme des îles de la Guadeloupe, le Grand Pavois, rendez-vous des amateurs d'activités nautiques, attend plus de 100 000 visiteurs de ce mercredi à lundi autour du port des Minimes à La Rochelle. Bientôt, la 29e édition du Top Résa se tiendra (du 26 au 28 septembre) à Deauville (356 exposants du monde entier représentant 1.200 marques. 15 000 visiteurs attendus. Y serez-vous pour dire que non, les terres de Guadeloupe ne sont pas toutes empoisonnées ? Bon courage !

Gina
Secrétaire de la section socialiste, maire-adjoint, Gina Théodore-Opheltès, vice-présidente du conseil régional, orchestre la campagne des municipales au nom de l'Union des socialistes et progressistes de Baie-Mahault. Mélomane, elle a choisi un site sympathique, Le Piano caraïbes, à Bragelogne, et un moment propice, samedi matin. Mais qui vont-ils donc bien pouvoir désigner pour succéder à M. Chalus ? Ary ?

Lucette
Hier, Lucette Michaux-Chevry, présidente de la Communauté de communes du sud Basse-Terre, a fait savoir que les compétences de celle-ci concernaient exclusivement la collecte des déchets ménagers, déchets verts et encombrants des ménages sur Baillif, Basse-Terre, Gourbeyre, Saint-Claude. Que c'est Nicollin qui ramasse et qu'elle a toujours payé en temps et en heure la redevance au Symctom (voir aussi en page locale). la question à laquelle elle ne répond pas : où Nicollin va-t-il pouvoir déverser le contenu de ses camions-benne ?
André-Jean VIDAL

INDISCRETIONS 18/09/07

INDISCRETIONS
Christiane
Christiane Taubira, député de Guyane, intervient ce matin dans le débat sur l'immigration à l'Assemblée nationale. « Je rappelerai l'inefficacité des mesures inscrites dans les lois bavardes et dérogatoires au droit commun », dit-elle en exergue de son intervention, ajoutant : « Je demanderai une évaluation des moyens consacrés aux mises en scène et aux concours statistiques, la vérité arithmétique sur les effectifs d'expulsés qui font plusieurs fois l'aller-retour. » En forme !

Alain
Alain Miossec est un homme heureux. Cette année, plus précisément le 26 octobre, il fêtera avec le personnel de l'Education nationale les dix ans d'une académie de plein exercice dont il est le recteur. Joyeux anniversaire !

Eric
Le retour d'Eric Jalton, sur la scène abymienne. Pour présider, dimanche matin, à Golconde, l'assemblée générale extraordinaire de la Frapp, sa formation politique et consacrer officiellement les états généraux des Abymes. « Ces états généraux seront le processus d'élaboration du projet et de la liste de la Frapp et de ses partenaires pour les prochaines échéances municipales de mars 2008 », explique le futur candidat.

Daniel
Petits problèmes d'intendance, voire de tuyauteries, pour Daniel Marsin dont les cuisines municipales ne semblent pas très propres (voir en page 5). Ce qui expliquerait, peut-être, cet air toujours plus crispé qu'il arbore depuis quelque temps. Des travaux sont en cours. En attendant 4 500 enfants iront manger ailleurs ! Pas sérieux tout cela.
André-Jean VIDAL

INDISCRETIONS 17/09/07

INDISCRETIONS
Daniel
Le vieux lion est prêt à camper devant les portes de la décharge, avec ses troupes de fidèles pour éviter la prise d'assaut des camions-bennes venus des coalitions du sud. Daniel Géniès l'affirme : « la décharge ne peut accueillir les ordures de la Basse-Terre. Pas question ! Certes, mais alors que faire de ces ordures qui ne manqueront pas, maintenant que la décharge de Baillif est fermée par la sottise de quelques élus, d'être déposées ailleurs par les milliers d'habitants des communes concernées ?

Marie-Lucile
« C'est madame le maire... » Difficile de dire qui c'est au téléphnoe. Jeanny ? Non, Mme Marc ne s'annonce jamais ainsi. Marlène Miraculeux ? Ce n'est pas on genre. Pharmacienne, c'est quelqu'un de précis. Alors, alors ? Ah oui, c'est Marie-Lucile Breslau, maire du Baillif. Ephémère présidente de l'association des maires des Dom, Briseuse de déficits communaux. En effet, c'est madame le maire, par excellence...

François
M. Beauducel, directeur de l'Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe, quitte ses fonctions pour d'autres cieux. Après sept années passées à nous tenir au fait de l'actualité sismique, la gestion de crises importantes comme l'éruption de la Soufrière Hills, à Montserrat, celle du tremblement de terre qui a affecté profondément les Saintes. Il fera son pôt de départ, vendredi, vendredi, au point géographique 15.9809 °N, 61.7035 °W, altitude 420 m. Blague de scientifique !

Patrick
Comment survivre quand on est délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer ? Surtout quand on a été longtemps une sorte d'électron libre capable de rameuter des milliers de personnes pour manifester devant un ministère. Patrick Karam en fait l'expérience ces temps-ci, co-organisant un concert en faveur de la Martinique, recevant, aujourd'hui, Louis Schweitzer, président de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE). Bien loin des luttes d'antan !
André-Jean VIDAL

INDISCRETIONS 15/09/07

INDISCRETIONS
Alex
Alex Lollia, l’un des secrétaires généraux de la Centrale des travailleurs unis (CTU), écrivant aux présidents Gillot et Lurel : « Nous sommes surpris que la CTU, comme les autres syndicats soient écartés de la rencontre avec M. Estrosi pour parler de zone franche globale. Vous indiquez ainsi, de manière claire, que l’obscur vocable de « socio-professionnel » n’est qu’une élégante expression permettant de désigner le monde patronal. » Il s’exprime bien Alex !

Alex 2
Pertinent Alex Lollia (voir ci-dessus), dans le même courrier, s’étonne : « Fallait-il attendre le passage d’un secrétaire d’Etat à l’outre-mer pour vous inquiéter de savoir ce que pensent les syndicats de la zone franche globale ∞ ? » Et de regretter que des rencontres préparatoires ne se soient pas tenues entre les acteurs politiques, économiques et sociaux en vue de la réunion avec M. Estrosi.

Lucette
Brillantissime, la sénatrice Lucette Michaux-Chevry, sur le dossier de la zone franche globale, devant Christian Estrosi et son staff. La délégation guadeloupéenne est restée muette, écoutant l’ancienne ministre. Les interventions des autres personnalités (région, département) ont été d’un nul !…

Rama
Complètement vannée, la secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères et aux Droits de l’Homme entrevue jeudi dans le salon d’honneur de l’aéroport lors d’une escale entre paris et Port au Prince (Haïti). Défaite, méconnaissable. Sans doute encore chamboulée après la volée de bois vert administrée par François Fillon, son patron, il y a quelques jours après une première gaffe. Ne rien dire du tout, refuser de s’exprimer, c’est encore pire que tout quand la presse s’est déplacée tout exprès. Une nouvelle gaffe !
Allez, à lundi !
André-Jean VIDAL

INDISCRETIONS 14/09/07

INDISCRETIONS
Jean-Jacques
Il pleut, il neige ! Une publicité pour des fringues moque le préfet Brot. Référence aux mesures de simple précautions prises tantôt pendant le passage d'une onde tropicale. Une fois le beau temps revenu, on a fustigé le haut fonctionnaire comme on l'aurait cloué au pilori s'il n'avait rien fait et qu'il y eut mort d'homme. Lamentable !

Christiane
La volcanique député (e) de Guyane, Christiane Taubira — 228 000 références Internet — participera à un débat organisé par l'ambassade du Venezuela à Paris, sur l'afrovénézuelanité et l'abolition de l'esclavage, dans le cadre de la fête de l'Humanité, à la Courneuve, dimanche. Afrovénézuelanité. Ça laisse rêveur. A quoi passe-t-on son temps quand on est député de la République...

Gaston
A propos de Christiane Taubira. Elle préside aux destinées d'un parti politique. Qui s'appelle le Walwari, ce qui veut dire éventail en amérindien). Gaston Flosse — 231 000 références Internet — , en Polynésie, préside le Tahoeraa. Quelle poésie dans ces noms de partis ! C'est autre chose que Guadeloupe unie, socialisme et réalités, Parti communiste guadeloupéen, Fédération guadeloupéenne du parti socialiste. On baille à s'en décrocher la mâchoire...

Jean-Pierre
Il paraît que les dos d'âne installés sur le territoire de la commune du Gosier, aux destinées de laquelle préside Jean-Pierre Dupont — jusqu'aux prochaines élections, aucune référence Internet — ne sont pas conformes au décret 94-447 du 27 mai 1994 qui fixe les caractéristiques de ces ralentisseurs. Comme quoi il ne suffit pas de quelques cantonniers et de quelques sacs de ciment pour faire des dos d'âne ! Bonnet d'âne ?

Alain
Alain Lesueur, candidat à la municipale à Sainte-Rose — 562 références Internet —, vient d'écrire « aux 1 000 élus de la Guadeloupe ». Que dit-il dans ce courrier, fort bien troussé ? On reprend texto : « Gillot brade la terre de nos ancêtres », « Gillot sait compter, mais il ne sait pas calculer », « Pour Gillot, les déchets valent plus que les enfants », « Si le pompier est parfois pyromane, le médecin Gillot... » C'est à propos du centre de stockage des déchets ultimes, à Sainte-Rose. Et la campagne n'est pas ouverte !
André-Jean VIDAL

INDISCRETIONS 13/09/07

INDISCRETIONS
Jacques
« Trois piliers » pour soutenir les idées du président du conseil général : le maintien des zones franches urbaines, de la LOPOM et de l’octroi de mer; une «  colonne vertébrale  » commune aux DOM s’agissant « des problématiques transversales »; une « déclinaison (?) prenant en compte les contraintes spécifiques à l’archipel Guadeloupe et intégrant, outre des mesures applicables à l’ensemble des secteurs d’activités, des mesures spécifiques en faveur des secteurs prioritaires sur 10 ans. » Charabia ?

Manuel et les autres
Manuel Aeschlimann, député-maire d'Asnières, organise, ce soir, un concert de solidarité en faveur des victimes de l’ouragan Dean en Martinique. Placé sous le haut patronage de Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des collectivités territoriales et Christian Estrosi, secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer. L'invitation porte que ce concert est soutenu par Marie-Dominique Aeschlimann qui, outre qu'elle est élue locale, est surtout secrétaire nationale en charge de la Présence Outre-mer en Métropole et de Patrick Karam, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer. C'est bien ficelé.

Jeanny
Jeanny Marc a décidé qu'elle n'irait pas rencontrer le secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer, Christian Estrosi. Pourquoi cette fronde de la part de la député, maire de Deshaies ? Elle s'interroge sur « la légitimité du programme présidentiel » en Outre-mer où Nicolas Sarkozy n'a remporté que 44% des suffrages à la présidentielle. Frondeuse !

Jeanny 2
Jeanny veut une consultation. Non pas sur l'avenir politique de la Guadeloupe comme pourrait le laisser penser sa dernière sortie : ne pas se rendre à l'invitation du ministre de l'Outre-mer. Plutôt que le ministre se déplace en Guadeloupe pour participer à une réunion de travail « en prise, dit Mme Marc, avec les réalités locales. » Elle est même volontaire pour organiser tout sur place. Quelle passion !

Christian
Le lieutenant-colonel Christian Tertrais, chef de corps du 41e, trouve surprenant qu'il soit l'objet d'un écho relatant sa présence au défilé des cuisinières, tantôt. Qu'est-ce qui l'empêche ? S'il y était au vu de tous, en uniforme (que personne, sauf un éventuel esprit perturbé, n'a pris pour un déguisement). Mais il s'étonne de plus que cet écho soit placé au-dessus d'un autre, consacré à Christian Estrosi, secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer. « A l'aune du protocole », dit-il, c'était M. Estrosi sur le colonel Tertrais. Et non l'inverse. C'est que cette rubrique, comme vous le constatez, fait fi de l'étiquette, mon colonel !
André-Jean VIDAL